mod_article873964_4

Jan se tait, l’heure a tourné,

ils vont se rendre à la messe de minuit dans l’église du village.

Il y a longtemps que le presbytère est désert.

Un prêtre du Prieuré Saint-Anselme va célébrer l’office.

Notre-Dame des Anges s’anime aux moments des fêtes carillonnées .

Nichée dans un méli-mélo d’arbustes et de rochers, c’est un vrai bijou.

Une source murmure près de l’autel dans une auge d’albâtre,

cette eau a la particularité d’être fraîche l’été et

chaude l’hiver, on ne sait pas pourquoi,

du moins le secret est bien gardé.

Chacun s’achemine dans la nuit bleue et froide.

Il fait très froid, si froid que les femmes du Mas Balthazar

se sont emmitouflées dans les mantes brunes des bergères d’antan.

Lilaë aussi en a revêtu le costume, accompagnée de Bill et Melchior,

elle se sent pousser des ailes.

Ils descendent à pied au village, le « fanal » aux doigts par goût de tradition.

L’air est parfumé de gel, de l’odeur âcre des houx.

En arrivant, la lumière dansante des cierges leur fait cligner des yeux

, l’encens monte en volutes et leur tourne un peu la tête.

Lilaë suivit des chiens (ils ont droit de citée comme les moutons)

rejoint la crèche vivante.

Sagement, Melchior et Bill se couche près d’elle.

Les voix chaudes des hommes et celles plus flûtées des femmes,

chantent l’office en belle langue provençale…

à suivre...