23 août 2010

Berger...9

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Un pic-pic frappé aux vitres de leur chambre réveillent Jan et Damelys,

le rouge-gorge familier semble leur dire :

« Debout, paresseux, c’est Noël ».

A pas précautionneux, ils descendent dans la salle tiède ;

Jan fait sortir les chiens qui hument l’air froid avant de s’élancer

dans les jardins parés de cristaux et de nacre.

Bengalou, le chat, passe une patte paresseuse sur son museau,

s’étire et rejoint en deux bonds,

Melchior et Bill !Pendant ce temps,

Jan avec des gestes de magiciens, ranime le feu.

Quelques pignes de pin, une brassée de brindilles, çà pétille,

le feu chante étirant ses flammes en éclats de rire d’étincelles.

Damelys prépare le petit déjeuner ; une tasse tinte, une cuillère tombe,

en murmure,la musique déroule ses harmoniques.

Les uns et les autres arrivent alléchés

par l’odeur du pain grillé, celle du café, du thé, du chocolat,

unies dans le parfum des mandarines.

On s’étire de bien-être… mais Lilaë ?

Où est Lilaë. Il est impossible qu’elle dorme encore ?

On s’interroge du regard, le pain grillé s’impatiente en faisant triste mine.

« Trois Anges sont venus ce soir »… tourne le C.D.

Intrigués par le manège des chiens qui vont et viennent, puis se couchent

devant le dessous de l’escalier, Damien et Brice s’y dirigent

et font signe à la famille de les rejoindre.

Enroulée dans la vieille veste de Jan, Lilaë dort à poings fermés.

Florent monte le volume de la musique… « Vive le vent » …

L’enfant ouvre un œil interrogatif, s’étire.

« Ben, j’suis v’nue cette nuit, j’ai attendu, il n’est pas v’nu.

J’ai pleuré un peu. Melchior et Bill m’ont montré les coussins. Après, j’sais plus ».

Elle n’a pas vu le Berger de bois, ni les cadeaux comme ils sont placés.

Bill et Melchior mordillent les doigts menus,

prennent et tirent un pan de la liquette de nuit

et l’entraînent devant les surprises. Eberluée, elle regarde Balthazar…

« Wouah, qu’il est beau, c’est comme çà qu’il est » affirme-t-elle.

« Comment le sais-tu ? » demande Brice.

« Ben, je sais ».

« Tu ne le connais pas »persiste-t-il« Si, j’te dis que j’sais, c’est vrai ;

vraiment Brice, tu ne comprends rien ».

Devant la moue de ce dernier, elle hausse les épaules, se précipite

vers les cadeaux avec des cris de joie, des oh et des ah ! de bonheur.

Dubitatif, Brice la regarde. Décidément, elle l’intrigue !

à suivre...

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06 août 2010

Berger...8

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Le repas les attend ;

les braises rougeoyantes créent une demi-pénombre

où brillent doucement les cuivres,

les guirlandes, les boules du sapin ;

un verre étincelle dans la mouvance du feu ranimé par Jan.

Un parfum de fête flotte dans la grande cuisine,

s’insinue dans tout le Mas Balthazar ;

les caleils à l’extérieur sous le porche

brillent de leurs flammes légères ;

au clos des Avettes, Jan a planté un sapin,

chaque ruche a reçu un rameau d’olivier, gage de Paix.

Lilaë s’endort après avoir picoré près des uns et des autres,

étourdie de joie et d’attente, elle a eu le temps de murmurer :

« Demain, tu raconteras encore, papé ? ».

Jan a promis. Ils veillent tard.

Sans faire de bruit, cadeaux et friandises prennent place

au pied du sapin entre la crèche et la cheminée.

Avec précaution, Florent

déroule le papier brun qui enveloppe

une longue et large caisse, apportée dans la salle

par Brice et Damien.

Jusqu’à présent, elle était restée cachée dans la réserve.

L’ouvrant, ils dégagent des copeaux,

une magnifique statue de bois aussi haute qu’eux.

Avec patience et adresse,

les Anciens, les uns après les autres l’ont sculptée.

C’est un berger avec son chien.

Délicatement, Florent sort des copeaux un agneau finement ciselé,

le place sur les épaules du berger.

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Que de temps a-t-il fallu, de patience,

de savoir pour aboutir à cette harmonie !

« Voici Balthazar, le Maître du Mas.

Nous pensons que mon grand-père l’a terminé ;

il a dû accompagner mon père, moi, ensuite Florent,

Brice et c’est le tour de Lilaë » explique Jan.

Personne ne dit mot, trop admiratifs et émus.

Balthazar, le chien et l’agneau semblent

prendre vie dans la lueur dominante des flammes.

Dehors, la nuit est silence ; ouvrant la porte-fenêtre,

une pluie d’étoiles filantes les éblouis,

le sol moiré d’argent semble venir d’ailleurs.

Puis, ayant refermé,

les chiens revenus après leur sortie nocturne

tout ébouriffés de froid,

chacun se dit bonne nuit et regagne sa chambre.

Jan recouvre le feu moins vivace sous sa couette de cendre,

Melchior et Bill s’étalent devant la cheminée,

Belledejour et Bengalou se nichent au creux d’un fauteuil.

Jan caresse le berger de bois puis, ayant « mouché les chandelles »,

rejoint Damelys qui l’attend.

Debout devant la fenêtre de leur chambre dont les rideaux ne sont pas tirés.

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Enlacés, tous les deux contemplent

les étoiles dans leur écrin de velours ;

silencieusement, ils remercient. …

Le Mas Balthazar s’endort…

Seul un caleil veille de sa lueur tremblante

perché sur le coin de la cheminée !

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C’est la belle nuit  givrée d’or pâle!…

à suivre...

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05 août 2010

Berger...7

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« Bon Diou, que c’est beau ! » diraient Zulma et Balthazar.

Après un dernier « adiousas », ils reprennent le chemin du Mas ;

en sortant, ils s’arrêtent émerveillés, le paysage est poudré de blanc ;

dans l’air pur, la neige semble de nacre avec des reflets de plumes de ramiers.

Les oliviers brillent tels des ballerines un soir d’opéra,

les cyprès sont devenus cierges de diamant ; le ciel est profond, velouté clouté d’or,

la lune levée depuis peu illumine, baigne ce spectacle de sa clarté sidérale.

« Oh ! les Anges ont perdu leurs plumes » dit doucement l’enfant ravie.

Il leur vient des goûts de miel, des parfums d’orange, c’est comme un rêve.

Ils leur semblent entendre dans l’air froid des sons assourdis de fifres et de tambourins.

Lilaë s’arrête en haut d’une butte, se tourne vers Brice, à qui elle donne la main,

lève sa frimousse vers le ciel qui semble embrasser la Terre et dit, désignant les étoiles :

« Regardes, ils sont tous là ».

Lui aussi contemple tant de beauté ; lâchant la main de son compagnon,

elle s’élance vers Jan qui s’accroupit près d’elle et,

tête contre tête, l’un près de l’autre, énumèrent :

« Le Chemin de Saint-Jacques, le Char des Ames, les Trois Bêtes,

Jean de Milan et… Belle Maguelonne », rajoute Jan.

« Dis, papé, Jean de Milan, c’est toi ? ». Il sourit, elle continue « La Pou.. la Pon..

la Poussinière, j’sais pas l’aut’ nom… ». « La Pléiade » souffle Jan.

« Et là, là, regarde Brice, elle est là ton Etoile…

l’Etoile du Berger » en désignant Vénus.

« Comment sais-tu tout çà ? ».

« J’sais pas, c’est comme çà » rit-elle ; et, s’adressant à Jan, elle lui chuchote à l’oreille :

« T’sais, j’suis sûre que tout à l’heure, j’ai vu l’Ane du Père Noël passer là-bas, près du ciel ».

Jan acquiesce, elle glisse sa main dans la sienne…

Melchior et Bill trottinent, contents de cette sortie nocturne.

En marchant, Damien commence à fredonner la Marche des Rois. Florent,

Gilles joignent leurs voix à la sienne,

les femmes unissent la fraîcheur des leurs et tous s’y mettent.

Brice tire un fifre de sa poche et les accompagne. Ravie, Lilaë bat des mains…

C’est ainsi que les Anges, toujours au balcon du ciel, voient défiler

une drôle de caravane et deux chiens gambadant.

Se penchant un peu trop, un angelot manque de perdre l’équilibre,

rattrapé de justesse du bout de l’aile par sa maman Angéline .

Grondé par son Pèrange, il suit des yeux avec envie

cette petite fille encapuchonnée qui se nomme Lilaë !

à suivre...

Posté par YALOS à 10:28 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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