Berger...10
Le petit déjeuner oublié refroidit, le feu chante…
Pensif, le Balthazar de bois contemple la joie de chacun, me semble-t-il…
Lilaë arrête de babiller, regarde Jan et l’interroge :
« Dis, chez toi, c’est Balthazar qui passe ? C’est pas l’Père Noël, j’suis sûre »…
Une lueur dorée s’allume dans les yeux de Balthazar, imperceptiblement,
le Chien de bois remue la queue…
C’est peut-être l’effet du reflet des flammes, mais comment se fait-il que
Melchior et Bill viennent se coucher auprès de lui
en posant une patte sur le pied de Balthazar ?……
La journée s’étire en rires, en tendresse partagée,
avec les chants que tous reprennent ensemble.
Une ballade sous le ciel léger, le soleil pâle irise la neige qui tient…, il fait froid !
Vers le soir, l’air devient de plus en plus piquant,
le vent furtif arrive en catimini coupant comme un rasoir…
Ils retrouvent avec plaisir, le havre chaleureux parfumé
de cannelle, d’orange, de mimosa ;
sur la longue table, les « mendiants » attendent d’être croqués.
Pêle-mêle, Lilaë s’installe avec les chiens, les chats
au pied de Balthazar près de la cheminée… Ouf…
« Tu racontes encore Papé »,
fait Lilaë en caressant le bois blond du berger.
Bougies et caleils sont allumés.
Damien jette une brassée de bois dans l’âtre.
Chacun s’installe à son gré.
Le feu chante, la nuit frappe aux carreaux
de ses doigts bleus bagués d’argent.

… Chut… Jan reprend…
à suivre...





