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LE MAS BALTHAZAR

Dans les temps anciens, un berger menait ses bêtes en ce lieu ;

c’était une terre ondoyante d’herbes drues, de lavande, de serpolet,

faisant les délices du troupeau, presque le Paradis,

sur ces hauteurs qui frôlent le ciel du bout des doigts,

doucement arrondies comme un mamelon de demoiselle.

Il fit de ses mains un abri avec les pierres blondes pour ses bêtes et pour lui :

un parc, comme on le dit ici.

Les saisons ont passées, puis les années,

de ce fait à sa suite d’autres bergers sont venus,

ils ont pris la relève du premier au fil du temps.

Au pied d’un bouquet de figuiers une source cascadelle entre les pierres,

entassées par les uns et les autres, faisant de cet endroit une Arcadie.

Où il y a de l’eau, il y a de la Vie…

C’est toujours un miracle, la Terre généreuse abreuve ses enfants…

C’est toujours la même.

Au fur et à mesure des années, l’abri prend de l’ampleur ;

il grandit, est retapé de bric, de broc. ……

Un jour où les cigales chantent plus que d’habitude,

où le ciel touche la terre de sa joue bleue,

léger comme un voile de mariée, que le soleil rit de tout son éclat,

enfin, un jour arrive non pas un berger, mais deux ;

ils sont jumeaux, ne se sont jamais quittés et n’en ont pas l’intention.

Leurs noms fait le tour des collines : Gaspard et… Balthazar.

Aux plaisanteries sournoises on leur demandent où est Melchior ;

ils ne répondent pas…

Ils sont deux et non trois ; parfois, excédés, le soir, du doigt,

ils montrent aux entêtés trois étoiles qui scintillent.

Ce sont les Trois Rois ou Orion pour les savants.

Pour eux, ce groupe d’étoiles est l’Horloge du Berger…

S’ils sont deux, c’est que le troisième n’a pu venir…

On finit par leurs ficher une paix… Royale ;

ils sont braves, de fameux bergers,

leur chien, un corniaud aussi original qu’eux,

répond au nom de Bravo, rien de plus, rien de moins…

File le temps, les saisons se succèdent…

Balthazar épouse ZulmaZulma des Cigalières,

vaillante comme le soleil.

Peu à peu, l’abri déjà agrandi est organisé, bâti plus largement.

L’oliveraie est plantée…

Les années passent, aucun « pitchoun » ne vient jouer dans leur vie ;

Zulma console son homme en disant :

« Tu verras, Baltha, nous aurons cette joie, un jour ».

à suivre